Une action halal est la part d'une société cotée dont l'activité principale est licite au regard de la Charia et dont l'endettement, la trésorerie placée à intérêt et les revenus illicites restent sous des seuils fixés par les normes de filtrage.
Pourquoi posséder une action est en principe permis
Acheter une action revient à devenir copropriétaire d'une entreprise et à partager ses profits comme ses pertes, ce qui rejoint la logique de la Moucharaka. Les juristes contemporains admettent donc les actions ordinaires, à condition que l'activité et la structure financière de l'émetteur soient acceptables.
Secteurs exclus d'emblée par le filtre d'activité
Le premier tri écarte les sociétés dont le cœur de métier est interdit : banque et assurance conventionnelles, alcool, porc, jeux d'argent, tabac, divertissement pour adultes. Certains fournisseurs d'indices ajoutent l'armement, ce qui explique que deux listes halal ne coïncident jamais parfaitement.
Tolérer une petite part de revenus non conformes
Peu d'entreprises sont totalement pures : un groupe hôtelier vend de l'alcool dans ses bars, un industriel encaisse des intérêts sur sa trésorerie. La norme Charia n° 21 de l'AAOIFI admet néanmoins le titre si ces revenus illicites restent inférieurs à 5 % du chiffre d'affaires.
Seuils sectoriels de 5 % et 20 % appliqués en Malaisie
La Securities Commission Malaysia retient deux niveaux : 5 % pour les activités nettement interdites, comme les jeux, l'alcool ou les intérêts perçus, et 20 % pour des sources jugées moins graves, par exemple l'exploitation hôtelière ou des loyers versés par des locataires non conformes.
Ratios financiers : mesurer dette et liquidités
Le second filtre porte sur le bilan. Une société irréprochable dans son activité peut être exclue si elle finance sa croissance par des emprunts à intérêt ou place une grande partie de sa trésorerie en dépôts rémunérés. Ces ratios sont recalculés à chaque publication de comptes.
Un plafond de 30 % pour la dette portant intérêt
Selon la norme 21 de l'AAOIFI, les emprunts à intérêt ne doivent pas dépasser 30 % de la capitalisation boursière, et les placements rémunérés non plus. Une entreprise valant un milliard en bourse peut ainsi supporter au maximum trois cents millions de dette conventionnelle.
Capitalisation ou total de l'actif comme dénominateur
Les indices Dow Jones et S&P rapportent la dette à une capitalisation moyenne sur plusieurs mois, MSCI et la Malaisie au total de l'actif, avec un seuil proche du tiers. Avec une base boursière, une chute des cours peut faire sortir un titre sans aucun changement de bilan.
Créances et trésorerie : garder un sous-jacent réel
Une action représente des actifs ; si la société détient presque uniquement de la trésorerie et des créances, l'achat se rapproche d'un échange d'argent contre argent. Plusieurs méthodologies plafonnent donc les liquidités et créances ou exigent une part minimale d'actifs tangibles.
Purifier la part illicite des dividendes
Même un titre retenu peut produire une fraction de revenu interdit. Si 2 % du chiffre d'affaires d'une société provient d'intérêts, l'actionnaire qui reçoit 500 euros de dividendes en reverse 10 à des œuvres charitables, sans en tirer d'avantage personnel ni le compter comme zakat.
Faut-il purifier aussi la plus-value ?
Les avis divergent. Certains comités estiment que le gain de revente reflète toute l'entreprise et qu'il doit lui aussi être purifié ; d'autres jugent suffisante la purification du dividende. Les fonds islamiques indiquent dans leur prospectus la règle retenue par leur conseil.
Vente à découvert, marge et options : pratiques écartées
Vendre une action empruntée, c'est céder ce qu'on ne possède pas, ce que la majorité des savants refuse. L'achat sur marge avec intérêt facturé par le courtier est également exclu, tout comme les options classiques. Un compte titres islamique se limite généralement aux achats au comptant.
Liste officielle mise à jour en mai et en novembre
En Malaisie, le Shariah Advisory Council de la Securities Commission révise deux fois par an la liste des titres conformes de Bursa Malaysia. Le détenteur d'un titre déclassé est invité à le céder, en conservant en principe les gains acquis jusqu'à la date de l'annonce.
Source externe spécialisée
Bank Negara Malaysia présente le cadre malaisien de la banque islamique et du takaful, notamment la gouvernance Charia sur laquelle s'appuie aussi l'écosystème des titres conformes cotés à Kuala Lumpur.
