Où en sont les services financiers sans intérêt au Tchad ?

Où en sont les services financiers sans intérêt au Tchad ?

Un pays de la CEMAC où le cadre régional existe déjà, mais où l'offre conforme à la Charia reste largement à construire.

Au Tchad, la finance islamique désigne les services sans intérêt que banques et établissements de microfinance peuvent proposer avec l'autorisation de la COBAC, selon le règlement adopté en 2022 pour les six États de la CEMAC, dont la BEAC est la banque centrale.

Un pays où le compte bancaire reste l'exception

Le Tchad figure parmi les pays de la CEMAC où la bancarisation est la plus faible : une analyse publiée en 2025 évoquait une pénétration bancaire formelle inférieure à 3 %, contre plus de 11 % en moyenne régionale. Une offre sans intérêt pourrait attirer des ménages restés hors des banques.

Pourquoi l'argument religieux pèse sur la demande

Une large part de la population est musulmane et l'arabe est langue officielle aux côtés du français. Beaucoup de commerçants et d'éleveurs évitent le crédit à intérêt et préfèrent les tontines, l'épargne en bétail ou l'appui familial aux guichets des banques classiques.

Une économie rurale et informelle à financer

Agriculture, élevage et petit commerce occupent la majorité des actifs, souvent sans comptabilité tenue ni titre foncier pouvant servir de garantie. Des contrats adossés à un bien ou à une récolte, plutôt qu'à un bilan, correspondent mieux à cette réalité que le prêt classique.

N'Djamena dans le réseau de la Banque islamique de développement

Le Tchad est membre de l'Organisation de la coopération islamique et du groupe de la Banque islamique de développement. Ce dernier finance des projets publics tchadiens au moyen de contrats tels que l'istisna, l'ijara ou la vente à tempérament, et non de prêts à intérêt.

Pourquoi les règles se décident à l'échelle de la CEMAC

Le Tchad partage avec cinq autres États le franc CFA d'Afrique centrale, la BEAC comme banque centrale et la COBAC comme superviseur bancaire. L'agrément d'une banque ou d'une fenêtre islamique dépend donc de textes régionaux, et non d'une loi bancaire purement tchadienne.

Ce que le règlement COBAC de 2022 change pour les banques tchadiennes

Depuis son entrée en vigueur en 2023, ce règlement permet aux banques et microfinances tchadiennes d'exercer une activité islamique, comme établissement dédié ou par une fenêtre. Il exige une autorisation préalable de la COBAC et un comité chargé de vérifier la conformité des produits.

Un atelier de diffusion à N'Djamena en août 2023

Le 10 août 2023, la COBAC a réuni à N'Djamena banques, microfinances, auditeurs et représentants de la BEAC pour présenter ce dispositif. Procédures d'agrément, normes comptables, assurance islamique, refinancement et fiscalité figuraient parmi les thèmes abordés.

Des questions fiscales encore à trancher

Une mourabaha suppose que l'établissement achète puis revende le bien au client. Sans aménagement, droits d'enregistrement et taxes peuvent être dus deux fois, ce qui renchérit l'opération par rapport à un crédit classique ; ce point relève de l'administration fiscale tchadienne.

Quelles offres un client tchadien peut-il trouver ?

L'offre reste très réduite et peut évoluer vite. Avant de signer, demandez si l'établissement figure parmi ceux autorisés par la COBAC pour l'activité islamique et quel contrat précis est utilisé, car une appellation commerciale ne garantit pas la conformité.

Un projet de banque islamique présenté en 2025

En octobre 2025, le groupe nigérian Finmal Finance a présenté au ministre tchadien des Finances un projet de banque islamique fondée sur le partage des profits et des pertes. Un tel projet doit encore obtenir l'agrément de la COBAC avant toute ouverture au public.

Salam et mourabaha pour le coton, la gomme arabique et le bétail

Le salam permet de payer d'avance une récolte livrée plus tard, utile aux producteurs de coton ou de gomme arabique. La mourabaha finance l'achat de stocks ou de têtes de bétail avec une marge connue dès la signature, sans pénalité capitalisée en cas de retard.

Liquidité et refinancement, le maillon manquant

Une banque islamique ne peut ni placer ses excédents sur le marché interbancaire à intérêt ni se refinancer auprès de la BEAC aux conditions habituelles. Sans sukuk régionaux ni mécanisme de liquidité conforme, elle doit conserver des réserves oisives qui pèsent sur sa rentabilité.

TCHAD FINANCE HALAL BANQUE ISLAMIQUE TCHADIENNE

Au Tchat, la finance islamique est par définition un type de finance éthique halal mise en pratique par une banque islamique tchadienne désireuse de donner accès à la population tchadienne à des services bancaires islamiques comme le demande la Charia.

Au Tchad la finance islamique fait à peine ses débuts et se voit comme un complément nécessaire au paysage bancaire tchadien qui souffre encore par ses faiblesses à atteindre un plus haut taux de bancarisation.

Au Tchad, La finance islamique fait partie de l’une des options majeures dans le cadre du développement économique et du système bancaire tchadiens du Tchad qui n’a d autre choix que de dynamiser son secteur financier.

Au Tchad, la finance islamique dans ce contexte prioritaire, a vu l’établissement d’une banque islamique ainsi qu’une entité de leasing islamique ce qui est un signe de la prise de conscience des autorités financières tchadiennes de l’importance des produits financiers halal.

Source externe spécialisée

Le site de la BEAC présente la politique monétaire de la CEMAC, les statistiques financières régionales et les textes qui encadrent la liquidité des banques opérant au Tchad.

BEAC