La blockchain appliquée à la finance islamique désigne l'usage de registres partagés et infalsifiables pour enregistrer la propriété d'actifs, exécuter des contrats conformes à la Charia et tracer les flux, tout en évitant intérêts, incertitude excessive et spéculation pure.
Ce qu'un registre distribué apporte à une banque islamique
Les contrats islamiques reposent sur une succession d'actes datés : achat, prise de possession, revente. Un registre partagé horodate chaque étape de façon infalsifiable, ce qui permet au comité charaïque et à l'auditeur de vérifier que l'ordre requis a bien été respecté.
Un contrat intelligent pour enchaîner achat et revente
Dans une Mourabaha programmée, le code ne déclenche l'offre de revente au client qu'après l'enregistrement du titre de propriété de la banque. Si l'achat n'est pas inscrit, la vente ne peut pas partir, ce qui supprime le risque de vendre un bien non détenu.
Quand le code ne suffit pas à valider un contrat
Un programme exécute ce qu'on lui demande, sans juger la licéité. Les savants rappellent que l'offre, l'acceptation et le consentement restent des actes humains, et qu'un contrat intelligent mal paramétré peut automatiser une pénalité de retard interdite aussi efficacement qu'une clause conforme.
Oracles et données externes : le maillon fragile
Un contrat intelligent dépend de données venant de l'extérieur, comme un prix de marché ou une confirmation de livraison. Si cette source est erronée ou manipulée, l'exécution l'est aussi ; la gouvernance charaïque doit donc couvrir le choix et le contrôle de ces oracles.
Tokeniser des actifs réels pour émettre des sukuk
La tokenisation représente sur un registre numérique des parts d'un actif tangible, immeuble, flotte ou portefeuille d'Ijara. Elle peut fractionner des sukuk en petites coupures et accélérer le règlement, mais la structure juridique, la vente réelle et la conformité restent celles d'un sukuk classique.
Un jeton n'est conforme que si l'actif sous-jacent l'est
Un jeton adossé à de l'immobilier loué hérite des règles de l'Ijara ; un jeton représentant uniquement une créance obéit aux règles de la dette et ne se négocie qu'au pair. Le support numérique ne change pas la qualification charaïque de ce qu'il représente.
Règlement instantané et règle du main à main
Pour l'échange de monnaies ou d'or, la Charia exige une livraison simultanée des deux contreparties. Un règlement atomique sur blockchain, où les deux transferts s'exécutent ensemble ou pas du tout, est souvent présenté comme un moyen de respecter cette exigence de qabd.
Jetons adossés à l'or : vérifier la réalité du stock
Plusieurs projets émettent des jetons représentant de l'or physique stocké en coffre. Avant tout achat, il faut savoir si l'or est alloué et identifiable, audité régulièrement, et si le détenteur peut obtenir la livraison ; sinon le jeton n'est qu'une promesse.
Cryptomonnaies : pourquoi les savants restent divisés
En 2018, Dar al-Ifta d'Égypte a jugé le commerce du bitcoin non permis, invoquant l'incertitude et l'absence d'autorité émettrice. D'autres chercheurs le considèrent comme un bien ayant une valeur d'usage. Aucun consensus n'existe, et les avis portent souvent sur un actif précis.
Staking, prêts DeFi et stablecoins : des zones à risque
Prêter des jetons contre un rendement fixe sur une plateforme décentralisée reproduit un prêt à intérêt. Un stablecoin dont les réserves sont placées en titres porteurs d'intérêt pose aussi question. Pour le staking, l'analyse dépend du mécanisme précis de rémunération et diverge selon les comités.
Spéculation, effet de levier et produits dérivés sur cryptoactifs
Les contrats perpétuels, options et achats à marge sur plateformes crypto combinent généralement intérêts de financement, vente de ce qu'on ne possède pas et pari sur le prix. Ils cumulent riba, gharar et maysir et sont écartés par la grande majorité des avis.
Zakat, waqf et dons : la traçabilité comme argument
Pour les fonds caritatifs, la blockchain permet au donateur de suivre son versement jusqu'au bénéficiaire et de vérifier la part prélevée en frais. Des institutions de zakat et de waqf expérimentent ces outils, la confidentialité des bénéficiaires restant une contrainte à respecter.
CHAINE DE BLOC HALAL CRYPTO FINANCE ISLAMIQUE CRYPTOMONNAIE HALAL
Une blockchain islamique est par définition un système d'enregistrement d'informations et de bases de données halal qui rend difficile une modification ou une fraude du système et qui est appliquée à la finance islamique répondant aux principes de la Charia.
La blockchain islamique est essentiellement un registre numérique de transactions halal qui est dupliqué et distribué sur l'ensemble du réseau de systèmes informatiques de la chaine de bloc et qui protégé digitalement.
La blockchain halal est utile pour la finance islamique car l’exploitation de ce système permet de couvrir des contrats structurés islamiques, mais aussi les paiements et les transferts de fonds, ainsi de rationaliser les processus commerciaux.
La blockchain islamique est une solution idéale à la finance halal, car non seulement, elle réduit le coût des transactions (cryptomonnaie islamique), la chaine de bloc dans une banque islamique contribue à éliminer les intérêts (Riba) et créer un jour le bitcoin halal.
Source externe spécialisée
Bank Negara Malaysia présente le cadre de la banque islamique et du takaful en Malaisie, avec les textes et politiques qu'une innovation numérique doit respecter.
